Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /2009 18:34
Namaste mes amis,

Varkala, village riche du de l'état le plus cultivé d'Inde, le Kerala. Difficile de comparer avec l'Inde continentale profonde. Evidemment, il y a de la misère, mais personne ne manque de l'indispensable. Le tourisme est une mine d'or.

De nombreux kéralais vont aussi bosser dans le golfe une vingtaine d'années, puis investissent leur pécule dans l'immobilier ou la terre et vivent en bons rentiers tranquilles à 50 ans. C'es pas la belle vie ???!!!

Cette état de fait stimule l'activité de toutes les castes, du maçon au bûcheron ou terrassier. Avec le flegme du sud, les locaux sont tous actifs... Et bons commerçants !

Plus rural et sauvage, moins huppé que Kovalam, c'est un lieu très privilégié !!!



Les enfants, si ouverts et sociables se précipitent vers toi dés qu'ils t'aperçoivent, chinant un peu mais surtout très curieux et heureux de rencontrer un étranger. J'aime bien leur offrir quelque chose de temps en temps : une boite de jus de fruit, des confiseries, the chocolate tout fondu dans son sachet plastique ou l'incontournable school-pen.
Et c'est à travers les photos que je remarque le brillant des yeux et l'intensité du moment.
Les gamins habitant la rue derrière chez moi, je suis ému en voyant leur sourire et leur spontanéité.



Je ne résiste pas à vous montrer les mêmes un autre jour. Pas de peur dans leur regard, la confiance en l'avenir. C'est une grande différence entre l'Inde et les westerns-countries. Ça me parait plus sain, plus réaliste, plus détaché des futilités. Les gamins sont heureux d'être eux-même, ne se la jouent pas. Ils savent que c'est leur meilleur rôle et qu'il ne sert à rien de simuler ce que l'on n'est pas (Leçon 26 de "The way to serenity").
C'est horrible qu' à l'ouest, la télé, la pub et la propagande les incitent au contraire !



Plus ils sont nombreux, plus c'est la bousculade.

Ces jeunes musulmans sont en vacances et jouent au cricket sur la place du village. Mon arrivée provoqua un véritable rush, une trentaine de gamins, peut-être, cherchant à me serrer la main, à me parler et être sur la photo. Une seule solution, appareil à bout de bras, bouger, cartonner, ne pas arréter de leur parler et de jouer avec eux. Profiter de ce moment d'adrénaline intense ou le cerveau travaille à 100% et en accéléré pour immortaliser ces instants de vrai vie "Dans le mouv". Ça fait souvent de très beaux clichés en action !



Ça y est, le miracle est arrivé, il y a un petit nouveau à Varkala ! Souvenez-vous, l'année dernière, Vijay et Pushpa sont allé dans le Gudjurat pour qu'elle se fasse opérer, because ça marchait pas pour les bébés... Tout de suite après, elle a été enceinte. Le petit PIYUSH est arrivé en février après avoir bien crevé sa mère les derniers mois.
C'est le bonheur total. Ils n'ont d'yeux que pour lui, en oublient presque le commerce. De vrai jeunes parents scotchés !

*  *  *

Etre ami avec les locaux ouvre de nombreuses portes. Il m'est facile d'investir les backstages. Affichant un status de photographe, mes potes indiens m'invitent souvent à découvrir l'envers du décor.

Parmi les emblèmes du Kérala, il y a la noix de coco, l'éléphant et aussi le katakali. Pas de festival religieux sans représentation de cet art typiquement Kéralai.
                                                                   




Etape longue mais indispensable, le maquillage. Les pigments sont obtenus à partir de pierres finement broyées entre un mortier et un pilon de granit, agrégées avec de l'huile de noix de coco avant d'être méticuleusement appliquées sur la peau.


Les acteurs s'entraident pour faire les parties les plus délicates, surtout pour le collage de la collerette de papier découpé qui encadre le bas du visage, refabriquée pour chaque representation.
C'est fait de bric et de broc, artistiquement improvisé et  ça marche... C'est tout le fonctionnement intime de l''Inde. Des comportements aux mécanismes immémoriaux éternellement réinventés !!!


Le katakali est une représentation théatrale, dansée et chantée... Evidemment, les percus font partie du jeu. Les différents tableaux sont archi-connus, c'est dans la connaissance des histoires et l'appréciation de l'interprétation que se trouve tout le plaisir.




Tout est accollé au religieux, les spectacles se passent au temple.
Il y a dans tous les spots touristiques du Kerala des Katakalis de 1h30 payants, juste des démos pour les foreigners ! Le vrai est gratuit !
 Ça commence à 9h du soir pour s'achever à 5 h du mat. Tout le monde roupille à la fin. Et les les non-indous trouvent la performance un tantinet longuette. Je trouve ça très drôle... Mais n'ai jamais tenu jusqu'à la fin...



Bandit de grand chemin ou héros ??.



Je parle performance, c'en est une balaise : Il fait un bon 30°, ils sont engoncés dans leurs costumes multicouches, jouant pendant des heures non-stop... Et le maquillage... Les indiens transpirent peu, heureusement !  Ce ne sont que des hommes !



Figure de danse populaire pûre kéralaise



Ce personnage est plus énigmatique, mélangeant Katakali aux maquillages corporels animaux et primitif, du teillam, le but étant la transe.



C'est baïju qui prend plaisir à m'intégrer à la vie locale. Il habite une des petite cahutes de ma rue. A 25 ans, sa vie change, sa mère vient de mourir et son frère chaïju, de se marier. Il se retrouve seul dans la maison et être seul pour un indien est difficilement supportable. Il m'est arrivé de le trouver en larmes chez lui, m'exposant son vide et sa solitude. Je lui suggère de se marier... Il n'a pas envie !!!
Cet artiste qui l'accompagne m'a subjugué. Il joue, et s'amuse vraiment. Toutes les photos où il apparait sont des merveilles

*  *  *


Mes voisins m'ont fait l'honneur de m'inviter à un mariage, à une trentaine de kms de Vakala, parcourus en moto sous un début de pluie. Le kerala est une jungle, dés qu'on s'éloigne des agglomérations. Plus aucuns repères, juste toujours des gens qui marchent le long de routes et des habitations disséminées dans la forêt. Hors des lieux touristiques, les gens ont rarement vu d'étranger.. Sinon jamais ! Je me sens une attraction, un phénomène... Mais dés arrivé au mariage, je suis coatché par les quelques personnes que je connais, très fiers de me présenter à toutes les personnes importantes. Ils m'ont trainé des habitations alentour ou nous fumions des bidies améliorés aux rooftops des maisons ou se partageait le rhum. Exotisme total, quelques photos :


La mariée acceuillait les invités. La coutume demande à lui faire un cadeau. Elle m'en a remercie en m'offrant des citrons.


Les futures mariées, celles pour qui c'est l'année prochaine ou l'année d'après sont toutes excitées et se moquent un peu de moi... Les hormones !




Il y a toujours plein d'enfants, ils sont aux anges ! Les fêtes, ils adorent !!!


On est en pleine jungle, les maisons de brique très pauvres et délabrées sont espacées d'une centaine de mêtres. La cuisine se fait dehors, sur le feu.


Il doit faire des pakoras, des beignets de légumes.


Moment important et sérieux, la négiciation des dots. Les hommes des 2 familles se rassemblent dans une pièce à part. Sur les feuilles de bananier, on met sa promesse de don sous la forme symbolique de racines, de fruits ou de billets de banque.

On est la veille du mariage au temple. Demain, chacun devra faire son cadeau. Ce rite, commun à toute l'Inde est parfois la source de fait-divers sanglants, quand les promesses ne sont pas tenues. J'ai lu une histoire dans les journeaux il y a peu-etre 1 an : Pour une promesse non-concrétisée, les hommes se sont pointé avec des fusils et ont tué 20 personnes de l'autre famille... Kill Bill à l'indienne !!!

La suite sur un next post...

Enjoy your life !!
A+

Par Olesko
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /2009 21:38
Namaste mes amis,

Longue absence, je ne savais pas comment reprendre ce blog après un retour en catastrophe en France une semaine avant que ma mère ne meure de manière un peu brutale... On a eu la chance de se parler...
C'était ma lectrice favorite !!!

 Mais je me suis retrouvé dans une situation inédite et plutôt violente. Arrivant d'Inde, j'étais relartivement serein face à l'expression absolue de ce qui fait de nous des humain...et  plus précisément des vivants.

La peur de la mort est débile, avoir peur de l"inconnu est débile juste bon à une éducation naïve : 95% des fois, l'inconnu est bénéfique et positif (mais gaffe quand même les 5% restant peuvent être fatals  ;-)))!). Etions nous mals avant de naitre ?
Apprivoisons la mort et aimons-la, c'est l'étape vers cette réunification universelle, ce grand tout ou  nous devons tous nous retrouver et fusionner !!! La mort n'est pas une fin, c'est une étape. Le cerveau humain n'est pas apte à le comprendre... Et après... L'âme n'a ni bouche, ni yeux, n'est que vibrations...

Cette proximité de la mort me fait comprendre que nous tous, humains (and maybe animals) ne sommes qu'un. Vous comprenez pourquoi la mesquinerie des égoïstes vides me laisse froid !

Mais parfois s'accrocher à la vie est comme s"accrocher à un radeau, alors qu'à quelques brasses existe une ile avec de l'eau douce, des fruits sucrés et des animaux amicaux !!!
Big sensations, donc !!!

Et puis cette aventure sur le blog est au feeling, mon feeling est vachement heurté par la mort de Nadia, d'ou ces quelques mois plus personnels. Je n'arrivais plus ni à être léger ni à écrire.





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Mais bon, l'histoire ne pouvait se conclure comme ça, dans un cul de sac aphone !!! Le voyage continue pour le meilleur et pour le pire, sensations, évolution et transformations...


Si j'avais écrit plus souvent, je me serais étendu sur mon escale à Dubaï :  un énorme aéroport, galerie marchande d'1 km de long, jardins exotiques aux grands arbres sous d'énormes verrières, lightshow sur des panneaux de plusieur centaines de m2 de diodes multicolores, alcool, douceurs et haute  technologie en duty-free... Pas si pas cher !  (y'a pas de coquille !).

Jean m'attendait à l'aéroport de Trivandrum avec le classique taxi kéralais, la Comodore blanche immaculée... And vamos Varkala. (Pour info, c'est entre  7 et 800 roupies, normal price.)



Acceuilli et réconforté par tous mes amis, indiens pour la plupart, j'ai pris une nouvelle maison, avec une chance énorme... De nombreux devins me promettent chance et bonne fortune depuis que je suis rentré... Sans que ce soit des échanges d'argent, juste des prédictions subliminales... Je ne crois pas en ces choses et ma situation n'est pas terrible, pour tout dire, je rigole... Gros futés d'indiens !!

Donc voilà oû je crêche.. Y'a pas de vice caché, c'est la photo qui ressemble à ma vie.... Et l'espace est beaucoup plus grand...J'ai des panoramiques 360°, on est en pleine jungle ( à l'image indienne, y'a quand même du monde partout).




Et voici la descente de la falaise, à 50 mêtres de la maison. La pointe que vous voyez au loin, c'est la cliff nord, le centre touristique de Valkala, le seul endroit que connaissent bien des touristes. Il faut dire que tout est fait pour. Et entre les deux, il y a beach-road et la plage sacrée, témoins de nombreux évènements religieux.
C'est sur une de ces petites plages que je viens me baigner avec mon colocataire, Alan, un anglais calme et reposant, 60 balais, passionné d'apprendre, hygiène de moine.




Célébration classique sur la holy-beach.

Cette plage est fréquentée par les pélerins, les sadous et prédicateurs et surtout, c'est la meilleure ballade familiale et conviviale. L'eau purifie dans la religion indoue, qu'elle soit de source, de rivière,  de mer ou de pluie. Les indiens se baignent habillés, mélant jeu et croyances, pudeur subreligieuse ;-). Matières fines et légères, les fringues sèchent en un clin d'oeil.
On y accède par la bien nommée Beach-road, c'est la seule vrai plage accessible en bagnole. Avec l'expansion exponentielle du parc automobile indien, je suis bien souvent spectateur des embouteillages dans cette rue, les soirées du samedi ou le dimanche. Dés l'année prochaine, ils vont se rendre compte du problème. Imaginez une société qui a toujours vécu en utilisant les transports en commun et découvre brutalement qu'il a les moyens d'acheter un véhicule personnel. Merci Monsieur Tata pour la nano, et les constructeurs de micro-car japonais.






Et les processions qui remontent régulièrement la Beach-Road, perpendiculaire à la côte, qui rejoint Temple-Junction. Musique tribale et primitive, en majorité des percus... Mais aussi un genre d'instrument couinant qui me fait penser à la bombarde bretonne... Sur d'incompréhensibles gammes indiennes !?!?

*  *  *

Cliff-sud, mon quartier est beaucoup plus real-indian-life et mes relations avec les autochtones sont très chaleureuses, je bois le rhum ou fume la marijuana avec les locaux, parfois avec les riches, parfois avec les pauvres ; ça facilite le contact. Ils aiment tous ça, les hommes, je parle ! Même s'ils ne s'en revendiquent pas, après 1 ou 2 verres, ils te demandent souvent une taf juste pour faire péter leur alcool... En effet, en général, ça booste !


Ma rue

Cette vue est une des expressions de la tolérance indienne. En effet, toutes ces masures, autrefois en palmes de cocotiers, de plus en plus souvent en briques ou pierre sont squattées sur le domaine public... La rue, quoi  ! Derrière ces maisons il y a de belles propriétés comme il y en a tant à Varkala (Dont la mienne !).


Ce n'est qu'une facette de l'expressions, de l'organisation des différences de caste (Ces trucs qui dépassent  complètement les occidentaux, étrangers à cette notion de divin et d'acceptation de l'autre).

Les pauvres travaillent pour les + riches qui eux-même payent pour leurs commodités :  l'eau municipale chlorée du gouvernment aux robinets et toilettes publics, ainsi que peut-être un peu d'électricité détournée du réseau :
Dans toutes ces bicoques, il y a une télé, en face de la porte, que l'on regarde de l'extérieur tellement c'est petit (à peine 2 m de large, on est sur la rue, quand même !) !!!

Aide officieuse des nantis aux démunis, c'est le fonctionnement de l'Inde. Les riches aident les pauvres du voisinage, les plus aisés dispensent beaucoup d'argent aux temples, redistribué aux classes les plus pauvres sous forme de nourriture gratuite et d'aide aux familles ou parfois même en fêtes. Un équilibre pas si con et à échelle humaine !




Mes plus proches voisins. La femme en blanc, vient faire le ménage à la maison. Elle m'apporte quelquefois les mets qu'elle a préparé, pour me faire apprécier la typical-kerla-food !



La main-beach vue de la cliff nord (Opposite my house).





La coconut est une de richesses du Kerala. Un cocotier produit une vingtaine de noix tous les 3 mois vendues 7 roupies la pièce. Les palmes aussi sont vendue pour être tressées. Elle servent à faire cloisons et toitures.



Il y a de nombreux cocotiers sur la propriété. Lors des récoltes, pas d'engin ou de moteur,nul bruit. Juste les onomatopées du kornac à son éléphant. Il est très intelligent, range les palmes en fagots bien réguliers qu'il charge et transporte entre sa trompe et ses défences.



La cliff où d'un coté s'alignent les shops de fringues et tissus, supérettes, internet-shops, bureaux de changes, restaurants etc... De l'autre, la mer, à perte de vue, et les barques de pécheurs. Un monde intemporel, surprenant hybride de vie indienne et internationale, entrelacées et réinventées.



La parcourir est une succession de stimulations, une multitude de petites conversations et incitations commerciales, des hellos et des sourires. Ça branche et déconne pas mal. Ils sont tout de même moins insistants qu'à Goa.



Je suis rentré tard et la saison des festivals étaient déjà bien entamée. C'est toujours très chaud durant les premiers mois de l'année. Shivaratries, Vishnou poojaas and so on..., Le calendrier indou privilégie 15 jours de fête par mois... Il y a en plus les fêtes musulmanes et catholiques !!!


Les nuits du temple-festival sont particulièrement grisantes.



Pas de fête sans les beaux travestis.



Parures, toutes de fibres végétales.



Et le bon sourire indien qui me met en joie chaque matin.




A 10 mns de chez moi, il y a un village de pécheurs musulmans s'étirant dans la jungle autour d'un promontoire ou trône la mosquée.




C'est à l'aube que l'endroit est le plus actif. Les bateaux rentrent, les seines (Ces longs filets à un seul maillage assez fin) sont déployées et halées, un genre de criée s'organise et tout le poisson est vendu et chargé, qui sur son vélo, qui dans son rickshaw, puis dispatché partout dans la commune. Malgré son aspect rustique, c'est un business important qui nourrit des milliers de familles.



Un petit blanc est caché dans la photo... Sauras-tu le trouver ?
C'est Jean-Paul, le voisin de ma mère 
que j'ai rencontré en France en Janvier (Ainsi que sa femme, excuse-moi Luce !). Ils sont venu voyager durant 1 année en Inde. Ils sont pleins d'énergie et ont les yeux grands ouverts. L'immersion en Inde demande un peu de temps tant ce monde est différent, ils y oeuvrent !!
Je vous mets un lien sur leur blog :

http://escapadepondy.blogspot.com/



Fresque de la Beach-Road

Je croyais n'avoir besoin que d'1 post pour vous conter Varkala. Je croyais n'avoir rien foutu pendant 100 jours. J'ai une multitude d'excellentes photos, j'vous ai pas parlé de tout... Ça mérite un autre post.

Restons zen mes amis....

Namaste, A+......















Par Olesko
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 18:56
Hi, namaste my friends,

Gorakpur, l'antichambre de l'enfer. Imaginez une ville étouffée et aveuglée par un smog sec, uniquement de poussière et de pollution, une circulation infernale dans un brouhaha de klaksons et de moteurs, l'apothéose étant atteinte avec les groupes électrogènes installés en face des magasins, bricolés à partir de moteurs de voitures, pétaradant en échappement libre. Parfois tous les 10 mètres, c'est hallucinant et étourdissant, sans parler de la fumée refoulée dans les boutiques.



Les rats sont partout chez eux, nullement dérangés par la présence humaine, cavalant entre les étals et visibles dans toutes les arrières cuisines.
Cet état si pauvre est bien pire que l'Inde d'Epinal que les européens imaginent...

Nous sommes partis de Kathmandu la veille, Jean et moi, par un bus de nuit... 12 hs pour parcourir 270 kms. Les transports au Népal sont incroyablement lents.
Après une nuit dans un hôtel miteux de Gorakpur (Y'a que ça !!!), en face de la gare, on prend un train direct pour Kollam à 6.30 AM.

Non, non, elle ne prendra pas le train avec nous !!

Interminable voyage ! Défilent champs de tabac, de coton, de colza en fleur, de cannes à sucre, eucaliptus, villages aux maisons plates de béton ou de briques, fumantes usines genre agro-alimentaire, briquetteries aux cheminées hautes comme des tours de Babel, des gamins qui jouent au cricket, des gens qui dorment sur le sol, cuisinent ou défèquent le long des voies, les chiens, vaches, chèvres et porcs, les autorickshaw, les camions bariolés. Toute la vie est visible et c'est un émerveillement... Après six mois au Népal, j'ai oublié l'Inde si particulière, si hors-normes ! Non, c'est pas ça, elle a les siennes de normes !



Traversée de l'Uttar Pradesh, du Madya Pradesh, du Maharastra, de l'Andra Pradesh et du Tamil Nadu pour enfin arriver au Kerala, quelques 3150 kms plus au sud. Je replonge dans le kaleïdoscope indien, chaque état, chaque province ayant sa personnalité, ses langues et coutumes. Le point commun reste la nonchalance, le sourire, ce fatalisme inspiré, la curiosité, l'ouverture et ce rapport avec le corps si particulier que l'on trouve dans les pays chauds ou l'on se vet d'un simple pagne.



Quand le train a franchi le Gange, j'ai lancé quelques pièces dans les eaux sacrées. C'est la coutume pour obtenir chance et succès dans ses entreprises. J'adore jouer avec les dieux indous, jolis contes de fée pour adultes.



Nous vivons dans l'éternelle attente du repas. Au Népal, on fait 4 repas par jour : 7h p'tit dej, 11h dahl bhat, 3h chappati-curry de légumes ou de viande et 7h diner. En Inde, le rythme est plus comme en France et le décalage fait que j'ai tout le temps faim. Mais après les frugaux dahl-bhat, les thalis indiens sont riches et délicieux. Cette nourriture fait des papilles un véritable champs d'expérience, aucun plat ni aucun restau n'étant semblable aux autres... Subtile alchimie des épices, c'est vraiment trop bon, même la bouffe du train. Et les prix défient toute concurrence.


Une dosa et des vadaï sur une feuille de bananier. La cuisine du south-india qui m'a tant manqué. Ici, ça ne coute rien, moins de 20 roupies. Avec Jean, on s'est ruinés pour en manger à Kathmandu. On payait ça plus de 100 roupies.


Le temps s'est arrété, entre un tchaï, une clope assis à la porte du train, un bla-bla avec les rencontres, la bouffe... Puis la nuit...



Et rebelote le lendemain. C'est long mais supportable, toujours, un évènement vient rompre l'ennui : les gamins qui jouent, un beau paysage, le train qui s'arrète 15 mns en rase campagne, le temps de se dégourdir les jambes et de fûmer, une friandise offerte par le voisin... Que des choses simples me direz-vous... Je vous répondrai pourquoi faire compliqué !!!

Adorable couple de Bangalore dans le train. Il y a bien des chances pour qu'on se rencontre à nouveau.

Retour au style dravidien du sud, polychrome et exubérant.

Et rencontres de gare... Comme les indiens sont gentils !!

Après les étendues jaunes et poussiéreuses du nord, les cultures mieux irriguées du sud font place aux cocotiers et bananiers dans la jungle de plus en plus dense. Après avoir franchi la chaine des ghâts (C'est la première fois que j'utilise l'orthographe exacte, merci wikipédia !), occidentaux, on arrive enfin dans le Kerala.



Kollam, 5 hs de retard, plus de correspondance pour Varkala. Ça fait 5 jours que nous sommes partis de Kathmandu, on n'est plus à un jour près... On a dormi là, à 30 kms de notre objectif.


Les gares indiennes sont toujours très folkloriques mais ressemblent de + en + au gares de l'ouest.


Quant aux indiens, ce n'est plus du folklore, c'est de la rage ou de la douce folie.


Les longuis... Sûr, on est dans le sud !!!

Alors mes amis, je crois que dans le prochain post, on va voir la mer. Comme elle m'a manqué, celle là !!! Et la température a retrouvé un cours normal, on frole les 30°... Et mon corps est heureux !!!

Prenez soin de vous, joyeux Noël et A+.
Par Olesko - Publié dans : 3moiseninde
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /2008 10:50
Namaste mero saatis,

Kath, ville si attachante, je ne résiste pas à vous mettre quelques photos supplémentaire pour prolonger le rève.


Un pooja d'enfants à Durbar Square. La nourriture sur les plateaux est pour les dieux.



De même dans cette boutique... J'ai voulu acheter un de ces gateaux rose, pour gouter. Hélas, pas possible, ils sont destinés aux dieux, elle n'a pas voulu m'en vendre.



Les marchandes de trottoir n'ont pas complètement disparu. Mais ça remballe très vite quand la police montre son nez...



Enigmatique Monkey



Cette ville est comme un musée. L'art est partout, original et surprenant.




Bain de couleurs et de lumière... Les fleurs pour plaire aux dieux. Le ciel toujours bleu durant la saison sèche illumine les rues et les gens !




Le business touristique de Freak-Street. J'y suis rentré pour essayer de trouver une pipe originale pour faire un cadeau. Il y a plein de modèles mais aucun ne m'a réellement plu. Par contre, le propriétaire du magasin s'est empressé de me proposer de quoi mettre dans ses pipes, du pollen népalais à 100 roupies le gramme... Trop cher !!!!



La soeur d'un copain sur le rooftop familial, dans la campagne entourant Kath... Elle fume son paquet par jour !!!!




L'incroyable sérénité enveloppant cette capitale. Les népalais sont calmes comme des villageois. La vraie vie, c'est slowly slowly my friends !!!



Le plus petit temple de Durbar, un Ganesh-temple. C'est le plus powerfull de la cité royale, toujours entouré de pélerins.



Que de couleurs. Kathmandu ou chaque jour est un festival.

Voilà pour mon dernier hommage au Népal, incroyable pays à la culture si riche et particulière... Et un grand salut aux népalais que j'aime tant !!!!

Namaste et A+ mes amis, back in India
Par Olesko - Publié dans : 3moiseninde
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Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /2008 10:21

Namaste mero saatis,

Elle a un sacré paquet d'arguments, de surprises a offrir, la vie. Je connais la vie, c'est quoi ? Se cantonner a ses expériences passées ? Pour chaque nouvelle expérience, la vie vous offrira une multitude de solutions, toutes différentes, chacune ayant son orientation sur la rose-des-vents des possibilités et libertés humaines, des philosophies et religions. Et il est grand possible qu'il existe une ou une infinité d'autres dimensions, qui coordonnent le tout... Alors comment voulez-vous instaurer des règles. Nous sommes si, si petits face à l'univers. Il faut improviser à chaque moment et être créatif. Le copier/coller sur ses ainés n'apporte aucune évolution. Et notre cerveau a besoin d'évolution, un truc que les humains ont compris ! Je ne sais pas comment on peut appeler cette magie, ce moteur, cette énergie dont personne ne connait la source, qui fait la sélection génétique et l'évolution... Et tout !!! C'est certain, il y a un "Big Power"... Mais je ne m'aventurerais même pas à lui donner un nom !!!

 

 

 

Kath aux milles facettes, issue d'une histoire oscillant entre moyen-age et renaissance, rituels religieux infatigablement répétés depuis des millénaires, insécables de la vie quotidienne et gravés dans la pierre comme des karmas fantômes... Vallée chargée d'un passé débordant d'épopées, de philosophies et de sagesses, portée aux cieux par la divine et parfois vengeresse protection de Baïra. Cette incarnation de Shiva est imnoprésente, toutes religions confondues. Dévotion, mystiques et sensations infinies dans cette ville calquée sur les désirs des dieux !!!

 

 

 

Cette image n'est visible que 3 jours par an, l'expression "blanche" du Caro(noir) Baïra situé à une cinquantaine de mêtres, similaire à Kali, démembrant et piétinant des corps humains, les photos sont recherchées. Des clayettes de bois cache la sculpture le reste de l'année.

 

 

 

 

C'est la saison des fraises, ça coûte 20 roupies le sachet, toujours avec 2,3 pieces for free, qu'on te rajoute avec un sourire amical.

 

 

 

 

En parlant du sourire amical des népalaises, voici Salina, qui est toujours pour moi comme une geisha, attentive à tous mes besoins, lors de nos sorties ensemble (à aucun moment n'ayez de pensée vulgaire, c'est divin !).

 

 

La situation politique et sociale s'est encore dégradée les derniers mois, les maoiste déboutés essaient de regagner le pouvoir.

Aujourd'hui, strike !

Il y a deux corps d'armée au Népal, l'armée gouvernementale et l'armée maoïste, plus nombreuse mais aussi plus radicale. On leur impute une centaine d'assassinats depuis 6 mois, les soupçonne de 65 autres et de la disparition de 15 journalistes. Aujourd'hui, c'est pour l'assassinat de 2 jeunes. Prendre des photos n'est pas de tout repos. Il m'est arrivé de perdre une tongue dans la fuite massive d'une manif, pendant la charge de l'armée sous une grèle de cailloux et de lacrimos. Les disparitions sont monnaie courante, plus particulièrement dans les campagnes et les lieux reculés...

 

 

 

 

 

Mes photos sont très disparates, je m'appliques sur les plus joyeuses et positives... Ou plus anecdotiques mais certain de mes clichés sont vraiment violents (J'vous mettrai jamais des trucs comme ça, c'est le contraire de mon objectif !). La période troublée a occasionné de vrais exactions, Jusqu'aux lynchages dans les lieux les plus reculés du pays. J'vais pas vous faire le plan de broder sur des horreurs mais les faits divers sont parfois terrifiants. In Katm, la vie devient de + en + craignos, violence quotidienne, que je vois avec mes yeux, de plus en plus courante aussi bien de la part des bad people que de la police. Le gouvernement change et veut remettre de l'ordre, controles ds les rues after 9PM, Semi-racket... Bakchish... Bien que tout le monde "Hope"... Dans mon cas, c'est différent, on ne dérange pas les touristes. Ils aiment bien mon look military-man (En réalité, c'est mes fringues de camoufles pour la urban-jungle) Je les filerai à mon pote Raju à la frontière, n'en ayant vraiment pas besoin au Kerala. Je ne sais pas non plus ce que veut dire payant... A part la nourriture et le lodge, j'ai tout gratuit. C'est marrant, la fusion dans la local-life... I don't know, en fait !!! Mais pour moi, cette fusion est l'objectif.

 

 

 

 

 

Ça, c'est la vraie vie, le vrai bonheur. Ce sont mes amis, je les vois tous les jours et à chaque fois, on est contents !!!

 

 

 

 

 

C'est incroyable la puissance qu'a eu la propagande anti-drogue américaine post-second word-war, qui promotionne tabac and alcool et diabolise la marijuana qui pourrait être une véritable médecine.

 

 

 

 

Malingre look-like thaïlandaise poussant dans les arrières cours de Kath. Y'a que les gens qui n'ont pas essayé qui refusent cette liberté à disposer de son cerveau. Quelle détente de prendre de bonnes drogue, avec de bonnes personnes... La transcription en Europe, des soirées d'amitié, avec une réelle chaleur humaine, le cannabis n'entrainant aucune violence, consommation limitée et controlée. Je suis un grand, je connais si bien et je ne saurais me priver de ces plaisirs, comme un french-amateur de bon vin... Ne me dites pas que la renommée du vin ne tient qu'à son goût... Je ne vous croirais pas !!! Peut-être si vous êtes tastevin, c'est professionnel et vous recrachez ! Le vin est la défonce officielle et subventionnée de notre pays. Ajoutez-y la marijane et vous vous approchez d'une démocracie !

 

 

 

 

Des communications, des regards, toutes les émotions sont regroupées dans un seul jour, chaque matin est une renaissance. C'est économique, on gagne chaque jour son indispensable... Et au-delà, on fait la fête !!! Il y a les bons et les mauvais jours !!!

Tiens, dernièrement, grande fête à Basantapur, des hauvents et des tentures avaient étés dressés, une scène et de la musique népalaise un peu forte et pesante, les drapeaux à la faucille et au marteau claquant partout. Les maoïstes essaient de redorer leur blason en organisant une fête populaire, totalement propagandiste, avec des relents de nationalisme, mais aussi bouffe gratuite pour tout le monde... Et de la meilleure qualité je vous prie, tous les produit étant l'équivalent des AC chez nous, Le meilleur riz, le meilleur yaourt-vanille...

 

 

 

 

Il y avait un monde fou pour la bouffe mais le coeur n'y était pas... Ça n'avait pas l'éclat de Deewali. Le climat est un peu tendu. Le problème maoïste a de grandes chances d'aboutir à une prise de pouvoir militaire, ce qui réduirait encore les libertés déja bien écornées par les milices (Polices autoproclamées) qui peuvent surgir de partout. Ne pas parler de n'importe quoi n'importe où. Les murs ont des oreilles...

 

 

 

 

N'imaginez pas des gens avec uniforme et tout et tout, non, ce sont des groupes de civils, maoïstes ou d'extème droite, chacun voulant affirmer ses convictions, jeunes, pas plus repérable que ça si tu ne connais pas la situation du pays. Jamais on n'importunera un touriste (White man) mais ils emmerdent tous les groupes de jeunes népalais dans les tea shops, aggressant pour fourguer leur propagande et créer la tension, que tout le monde reste chez soi, se plie aux paranos des aspirants dirigeants!!

 

 

 

 

Les femmes en costume traditionnel s'amusent comme des baïnis dans les jets d'eau potable jaillissant des camion-tanks garés là pour l'occasion.

 

 

 

 

 

La position impossible...

Je savais qu'il y avait de nombreux temples avec des représentations tantriques mais n'avais jamais vraiment réussi à les repérer. Elles se trouvent en général à la base des sculptures verticales qui soutiennent les toits des pagodes. Ce sont de petits motifs, très explicites et acrobatiques. Maintenant, elles me sautent aux yeux !!

 

 

 

 

 

Pour des photos comme ça, humains ou animaux, c'est kif-kif !!!

 

 

Je ne vous ai pas raconté grand chose au sujet de la résolution de mes galères administratives. Ça a été long, pénible et cher. Ils ont changé 3 fois de système de visa depuis que je suis arrivé, c'est une jungle dont le seul but est d'entrer un max de devises. Ils préférent même être payés en $ plutôt qu'en argent népalais !!!

L'immigration office est la seule administration ouverte 7/7, holy-days et samedis compris et tu le comprends quand tu vois les liasses de billets échangés là : 5 $ la journée de trek, 100 $ le mois d'extension de visa... Le nouveau gouvernement considère le touriste comme une vache à lait, comptant énormément sur cet manne pour démontrer son efficacité dans son entrée sur la scène des pays émergeants. Une arnaque officielle, quoi, comme chez vous ! C'est partout pareil, et comme ça s'est très souvent passé dans l'histoire, ça changera aussi partout au même moment !!! Dans le bon sens, j'espère !!!

 

 

 

 

 

J'ai été obligé de retourner à la frontière pour retrouver mes anciens n° de visa, l'embassade indienne me soupçonnant d'être blacklisté à la vue de mon passeport neuf. Même flash de bonheur qu'à mon arrivée, j'ai retrouvé mon meilleur pote jeep-driver et dormi chez lui... Joie et fête ! Je commence à faire courir l'idée de me marier au Népal (Vous imaginez, double-nationalité franco-népalaise, ce qui veut dire ouverture ad-eternam pour l'Inde, les népalais n'ayant pas besoin de visa !). C'est juste une idée, mais si on me présente la bonne, why not ! Et ça pourrait très bien faire son chemin...

 

 

 

 

 

 Avec celle-là, je m'entends bien, mais au trait rouge qu'elle porte à la racine des cheveux, elle est déjà mariée...

 

 

 

 

 Evidemment, quand je suis à Belahia, je ne me déplace qu'en jeep, et pas seulement la Bob Marley (Celle de Raju). C'est un petit monde, je les connais tous, ils me proposent toujours de m'accrocher à l'arrière quand on se rencontre. La promiscuité est telle (On met sans problème 15-20 personnes ds une jeep) qu'on est obligés de s'aimer. C'est inconfortable mais souriant. Cette nanni m'a observé tout le trajet, m'offrant ce sourire épanouis. Une petite fille avec une belle lumière intérieure !

 

 

 

 

Un bye de Kathmandu que je quitte demain, je serai au Kerala dans moins d'une semaine. La température tropicale commence à sérieusement me manquer. Je reparts avec Jean (Gin) qui est aussi venu renouveler son visa ici. C'est plus cool de faire le voyage à 2 !!!

 

Namaste à tous, j'espère avoir le courage de vous faire une conclusion sur le Népal, si les choses ne vont pas trop vite !!!

Par Olesko
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Qui suis-je ?

  • : Olesko
  • Journal d'un voyage en Inde
  • : Homme
  • : Asie Inde
  • : Parti pour visiter l'Inde pendant 3 mois, ça fait bientôt 3 ans que je vadrouille dans ce pays et alentours. J'aime les gens et ils me le rendent bien. Je trouve un bonheur inouï dans les rencontres. C'est toujours de l'amour !!!

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